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La clé dynamométrique, la lunette de tir du mécano consciencieux qui sauve des vies

Qui a dit que la mécanique automobile n’était pas un métier de précision ?

Quoi, personne ?

Ah. Bah en effet, personne. Et heureusement. Non parce que celui qui le dit, il se trompe LIT-TE-RALE-MENT !

Prenons un exemple qui parle à tout le monde : le joint de culasse.
Comment ? Vous n’avez jamais changé de joint de culasse ?
Jamais, JAMAIS ?
Hum. Bah ma foi… GRAND bien vous en fasse, ce n’est pas toujours une partie de plaisir !

D’autant plus que remplacer un joint de culasse demande au mécanicien de faire preuve d’une (très) grande précision.
Concrètement, le joint sert à faire tampon entre les deux plus grosses pièces du moteur : le haut (aka la culasse) et le bas (aka “le bas moteur”… oui, ils se sont pas foulés). Mais pour faire tampon correctement, il ne suffit pas de poser le haut sur le bas et basta.

Non. Non, non, non ! On va d’abord apposé le joint puis, pour dire les choses grossièrement, utiliser des vis (des boulons) un peu partout pour le fixer et le serrer sur la surface plane du bas moteur avant de déposer la culasse par-dessus pour faire effet sandwich.

Quand il s’agit de serrer un joint de culasse, j’aime autant vous dire qu’il ne faut pas y aller à la peau de toutou. Non, on utilise systématiquement des outils de précision et par exemple, la clé dynamométrique. (Je dis “par exemple” car les puristes me feront remarquer que la clé angulaire est plus précise. D’autres me diront que la clé angulaire EST une clé dynamométrique. Et d’autres encore me diront d’utiliser les deux pour un serrage optimal. Bla, bla, bla… nous on s’en fiche, on parle de clé dynamométrique !)

Une clé dynamométrique, c’est comme une clé à cliquet, mais intelligente. 🙂
C’est-à-dire qu’elle fonctionne exactement comme une clé à cliquet classique (serrage de type “manivelle unidirectionnelle” comme j’aime l’appeler – même si je suis le seul à comprendre et accepter cette définition). La particularité, c’est qu’elle est dynamométrique : je ne m’aventurerai pas à expliquer l’étymologie de ce mot savant, mais en gros, grâce à cette “fonctionnalité”, on va pouvoir mesurer notre force de serrage pour que notre vis ou notre boulon ne soit ni trop, ni pas assez serré. Cette force de serrage, on appelle cela un couple, et il est communément exprimé en Nm pour “Newton mètre”. C’est comme parler d’un Poids exprimé en Kg pour Kilogrammes.

Ainsi, pour serrer un joint de culasse de manière efficace et précise, je vais pouvoir utiliser une clé dynamométrique et la régler à un couple de serrage idéal et pile-poil pour qu’il soit parfaitement étanche.

Et comment on sait à quel couple il faut serrer ? Hein ?
Eh bien, dans les revues techniques automobiles. Tout simplement. Les fameuses RTA ! On y retrouve les recommandations du constructeur en matière de serrage pour ne pas se tromper.

Et vous savez, le plus fou ? C’est que des couples de serrage… il y en a pour presque TOUT sur une voiture !
Serrer une biellette de direction, une écrou de cardan, un bouchon de vidange, etc.
Quasiment tout doit être serré avec précision pour éviter la casse, ou au contraire, le mauvais serrage.
Et je peux vous dire que, aussi bien l’un que l’autre peuvent vous causer des problèmes plus ou moins dramatiques.

Trop serrer, c’est le risque de bousiller le filetage de votre pièce. Autrement dit : impossible de serrer le boulon jusqu’au bout, il fera la girouette sans s’arrêter et là, on est bon pour un petit taraudage des familles. COMME ON LES AIME !
Ne pas assez serrer, c’est le risque qu’une pièce de votre véhicule fiche le camp. Alors, quand c’est un boulon insignifiant, à la limite, ça va… mais quand c’est vos écrous de vos roues qui commencent à se faire la malle, là, on peut commencer à baliser un peu.

La morale ? La clé dynamométrique sauve des vies, achetez-en une !

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